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Complémentarité entre les supports Conspectus, état des lieux et perspectives Expérience d'évaluation de la consultation sur place à Miramas
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Thierry Giappiconi Avenir du Conspectus Poldoc Journée
d’étude organisée par le groupe Poldoc
1. Le terme Le nom masculin latin conspectus[1] recouvre les sens de vue ou « coup d’œil » d’ensemble et d’examen. Selon cette acception, la méthode du Conspectus consiste en la représentation synthétique de l’état et du développement en cours d’un segment des ressources documentaires d’une bibliothèque ou d’un réseau de bibliothèques, au regard d’un objectif préalablement déterminé. Cette figuration a pour but de fournir au (ou aux) gestionnaire(s) de la collection un instrument de contrôle exposant de façon simple, mais aussi significative que possible, le niveau de profondeur d’information existant, visé et atteint. 2. Le principe
Le conspectus repose sur une segmentation de la collection, segmentation établie à partir d’un système de classement hiérarchisé. Pour chaque segment des indicateurs de niveau qualitatif et quantitatif et l’insertion de ces indicateurs dans un tableau de bord figurant les stades de départ et d’évolution de la collection au regard de l’objectif visé. « Les indicateurs de profondeur des collections sont des valeurs numériques employées pour décrire les niveaux et les objectifs des activités de développement des collections en bibliothèque.» · Le niveau de développement des collections (current collection : CL), c’est-à-dire l’existant ou la situation de départ ; · Le niveau réel des acquisitions en cours (acquisition commitment : AC), c’est-à-dire le niveau de développement en cours en fonctions des ressources (budgétaires, humaines et matérielles) attribuées ; · L’objectif de niveau de développement visé (collection goal [level] : GL. La notion de collection prend en compte toutes les dimensions de l’information, c’est-à-dire : · Les ressources documentaires conservées en propre par la bibliothèque sous forme tangible (livres, périodiques et autres imprimés, supports magnétiques et électroniques, prêtées ou communiqués sur place), à l’exclusion des ressources provenant du prêt entre bibliothèques ; · Les ressources documentaires en ligne sélectionnées par la bibliothèque « accès définis » par des listes de sélection ou des moteurs de recherche, périodiques et autres bases de données. Le conspectus définit des codes de profondeur de l’information (correspondant à des niveaux et des objectifs de connaissance, des codes de langues et des codes de conservation). Tableau des indicateurs de profondeur des collections (six niveaux) (d'après Bushing, Davis, et Powell) [2]
Tableau des indicateurs de profondeur des collections (dix niveaux) (d'après Bushing, Davis, et Powell)
Tableau des indicateurs de couverture linguistique (d'après Bushing, Davis, et Powell)
( * Nous indiquons ici les définitions anglaises qui expliquent le choix des indicateurs alphabétiques.) Tableau des indicateurs de conservation (d'après Bushing, Davis, et Powell)
· Chercher d’abord à tirer parti des réflexions et des expériences existantes au lieu d’en réinventer ; · Tenir compte d’opportunités de disposer d’une norme de fait. Le conspectus est étroitement lié à OCLC et est déjà l’outil d’une politique de développement des collections des bibliothèques hollandaise sur le réseau PICA, réseau auquel l’ABES est désormais associé. 1. L’outil d’un développement rationnel des collections
Bonita Bryant a donné à cet égard, il y a plus de dix ans, une définition qui garde toute son actualité : « Le but de toute organisation du développement d’une collection doit être de fournir à la bibliothèque des ressources documentaires qui répondent de façon appropriée aux besoins de la population qu’elle a pour mission de desservir dans le cadre de ses ressources budgétaires et humaines. Pour atteindre ce but, chaque segment de la collection doit être développé avec un usage proportionnel à son importance au regard des missions de la bibliothèque et des besoins de ses usagers » (Bryant, 1987).[3] Comme tout aspect de la gestion, le développement des collections implique la définition de choix et de priorités. Le Conspectus n’est autre qu’une représentation méthodique et opérationnelle de ces options. 2. Un outil de transparence de l’exercice du métier « de tri de l’information » des bibliothèques et de leur personnel Le conspectus peut ainsi constituer un outil de référence et de dialogue avec l’autorité de tutelle, au sein de l’équipe professionnelle, avec les utilisateurs acquis ou potentiels, avec les éditeurs et autres partenaires intellectuels et économiques de la production de l’information. Il doit viser à : · adapter le profil et la profondeur de l’information aux missions buts et objectifs de la bibliothèque et aux besoins des usagers ; · fonder et justifier les choix et les priorités sur un projet social et intellectuel explicite et cohérent ; · affirmer ainsi la responsabilité intellectuelle des professionnels en matière de « laïcité » des collections face à toutes les formes d’arbitraire (censure plus ou moins explicite, « mandarinat »), orienter les débats à partir des raisons tangibles et contrôlables et non des considérations idéologiques ou sur des oppositions de pouvoir. (L’objectif de service public et non « l’élu roi », « le professeur roi » contre le « bibliothécaire roi ».) · évaluer le coût du développement des collections (le conspectus peut constituer un indicateur de pertinence des moyens au regard des objectifs). · engager un dialogue positif et constructif avec le monde de l’édition et de la librairie en clarifiant la fonction sociale et économique des bibliothèques dans l’écosystème du livre et des autres médias au moyen d’un outil de contrôle et d’évaluation des objectifs et de l’impact du développement des collections par les bibliothèques. 3. Un outil de développement partagé des collections conçu pour planifier un développement partagé de conspectus peut constituer l’outil : · de l’harmonisation de la carte documentaire des territoires (agglomérations de communes, villes/universités, etc.) ; · d’une coopération documentaire avec la BnF (pourquoi ne pas envisager à partir de la bibliothèque nationale, une politique documentaire nationale comme en Hollande ou en Australie ?) ; · d’une coopération entre réseaux européens (notamment dans le cadre du réseau PICA).
1. Le groupe
Le groupe a entrepris des réflexions accompagnées de traductions et d’adaptations de travail (Alain Caraco et Christelle Coquilleau de la BdP de la Savoie, Hélène Jouannelle de Chalon sur Saône, Sylvie Bonnel durant son stage de l’ENSSIB et actuellement conservateur à Mulhouse). Il a conclu à l’opportunité d’expérimenter des applications (sur 5 indicateurs Savoie, sur 10 à Fresnes). 2. Fresnes
· La collection est répartie en 33 domaines inspirés de Dewey puis répartis entre les membres du personnel. Cette segmentation correspond à autant de « rayons » délimités dans l’espace de la bibliothèque (un peu dans l’esprit d’un « grand magasin »). · la sous-segmentation se fait selon le principe « Callenge » des cotes validées, c’est-à-dire en unités documentaires significatives correspondant au moins (pour la segmentation la plus particulière) à environ une trentaine de documents, puis par l’utilisation de ces cotes comme indexation pour signaler l’appartenance d’un document à plusieurs segments de la collection (exemple : romans et littérature).
Chaque responsable de rayon : · dispose d’objectifs (parfois de cibles : tranches d’âges, commerçants, artisans et PME) explicites (parfois quantifiables : scolaires, agents de la commune, de l’administration pénitentiaire, etc.) ;
· est en charge du développement de la collection sous ses formes tangibles (tous supports confondus) et virtuels (sélection et catalogage de sites Internet ou autres base en ligne) ; · est en charge de la distribution (rangement et présentation, dépôts et autres relais) et de la promotion (communication de masse : fichier et boîte de dialogue, relations publiques : rencontres avec les partenaires et enquêtes auprès des usagers et des activités promotionnelles : activités culturelles, offres temporaires) de son rayon ;
· dispose d’un tableau de bord.
Exemple d'évaluation des collections par la méthode du Conspectus à la BM de Fresnes PHILOSOPHIE 12 Responsable : xxxx BUTS ET PUBLICS VISES · Vulgarisation de la philosophie au titre du développement culturel de la population fresnoise ; · Aide à la formation des élèves de terminale des lycées, des étudiants des es préparatoires et des étudiants dans les différentes disciplines du premier cycle universitaire ; · Aide à la formation permanente des adultes (préparation aux concours, études de culture générale des formations continues). RAYONS CONNEXES · Littérature (Philologie et philosophie du langage) · Religion · Art (esthétique) · Sciences (épistémologie) · Psychologie et psychanalyse · Sociologie ENVIRONNEMENT SPECIFIQUE · classe de philosophie et classe préparatoires du lycée Mistral
tableau de bord philosophie
L’emploi du conspectus comme outil de développement partagé suppose de pouvoir se référer à une identification commune des accès et à une segmentation identique. · Harmonisation des accès : Les bibliothèques contrôlent leurs accès par des index locaux. Même si ces index s’inspirent de vedettes issues de listes d’autorité, ils ne se réfèrent pas à un fichier d’autorité commun, ce qui laisse subsister une grande capacité des accès. · Harmonisation de la segmentation
Les réservoirs bibliographiques des bibliothèques françaises sont hétérogènes et, de plus, aucune agence bibliographique ne fournit une indexation cohérente susceptible de fournir une segmentation commune.
· Elargir et structurer le groupe de travail Conspectus de POLDOC. · Généraliser son emploi par le plus grand nombre de bibliothèques publiques, universitaires et spécialisées françaises. · Assurer le lien avec le WLN/Conspectus. · Définir des outils d’évaluation qualitatifs et financiers pour la définition la plus précise possible des différents niveaux du conspectus (nombre de titres, lites type, etc.). · Explorer les conditions et la possibilité d’une segmentation commune (coopérative entre les partenaires de POLDOC/Conspectus, nationale, européenne à partir de PICA ?). · Offrir aux bibliothèques françaises la possibilité d’intégrer les tableaux de bord relatifs à la gestion du développement des collections (codes Conspectus) et à l’évaluation de leur impact (données financières et indicateurs d’état et d’usage) en collaboration avec le groupe de travail « Evaluer pour mieux gérer ».
· Démontrer que les bibliothèques sont en mesure de développer un savoir-faire propre à répondre à des besoins (c’est-à-dire à des nécessités d’intérêt public) et non réduire leur activité à répondre à des demandes (par exemple de ne répondre qu’à une fonction de loisirs). · Sensibiliser
les pouvoirs publics à l’idée et à la nécessité d’une politique nationale
des bibliothèques et des centres documentaires et faire émerger des propositions
techniques et institutionnelles. [1] De conspicere lui-même formé à parti de cum (avec) et de spicere (voir). [2] Les indications entre parenthèses reposent une correspondance, qui ne peut être qu'approximative, avec les des niveaux scolaires et universitaires français. Les niveaux 3a et 3b sont parfois décrits comme répondant aux besoins de loisirs d'un public cultivé, ce qui pourrait être considéré dans les domaines qui ne requièrent pas un vocabulaire technique ou scientifique trop spécialisé comme un celui correspondant aux objectifs culturels d'une bibliothèque française d'une certaine importance. L'échelle peut en effet être pris en compte. Ainsi, le manuel WLN propose t-il que la plupart des bibliothèques publiques à vocation purement locale développeront leurs collections aux niveaux 1 ou 2, une poignée de bibliothèques plus importantes à vocation régionale pourraient viser les niveaux 3 (ce critère dépend bien entendu de l'ambition du projet culturel) et un très petit nombre les niveaux 4 ou 5. [3] Trad. de l’auteur, le texte original est le suivant : « The goal of any collection development organization must be to provide the library with a collection that meets the appropriate needs of its client population within the limits of its fiscal and personnel resources. To reach this goal, each segment of the collection must be developed with an application of resources consistent with its relative importance to the mission of the library and the needs of its patrons » (Bryant, 1987)
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| 25 10 2000 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||